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Le Monde de Benjy: Prologue.

Le Monde de Benjy: Prologue.
Accompagnement musical du prologue.

LE MONDE DE BENJY

TOME 1

Prologue

Un froid glacial s'était abattu sur tout le village. En cette année de l'an de grâce 1356, le royaume de France était plus qu'affaiblit. La guerre interminable qui opposait les français aux anglais depuis tant d'années ne faisait que s'éternisait, elle semblait ne devoir jamais finir. La famine et les massacres étaient le lot quotidien des français, ils vivaient dans la peur, dans la crainte du lendemain. La défaite de Poitiers et la capture du roi Jean le Bon n'avait fait qu'amenuisé le peu d'espoir qu'ils avaient, et c'était sans réel conviction qu'ils continuaient leur vie.
Au village, un homme traversa la place. Il était enveloppé d'une large cape noire. Il paraissait jeune et vieux à la fois, comme si il avait connu plein de chose dans sa vie malgré qu'il ne fût pas d'un âge avancé. Son visage était emprunt de sagesse et il portait en lui ce que plus personne ne voulait croire, l'espoir. Mais il semblait aussi également très triste, porteur d'une vérité d'un monde révolu. Il boitait. Sa respiration haletante créait de la vapeur. Il se dirigeait vers la taverne du village. C'était là où se réunissaient tous les hommes du village, là où s'échangeait les nouvelles du royaume, où l'on se racontaient des histoires, et où, parfois, l'on riait.
Lorsque l'homme entra dans la taverne, un vent glacial s'y engouffra et tout le monde se tourna vers lui. Tous le dévisagèrent, voyant une tête qu'ils ne connaissaient pas et se demandant bien ce qui pouvait amener un visiteur dans leur village. Mais très vite, les conversations reprirent leur cours et le mystérieux visiteur fut vite oublié.
- Que désirez-vous boire ? lui demanda laconiquement le tavernier.
- Je prendrais un bon vin chaud, pour me réchauffer de ce temps si glacial.
Le tavernier lui en servit, presque en colère de voir partir du si bon vin pour un « étranger ». Le visiteur observa les visages de chacun, il y vit une profonde tristesse, de la peur et une profonde lassitude. Il entendit une conversation qui se déroulait derrière. Un homme au visage défiguré par une balafre parlait de la situation alarmante du royaume.
- Je te dis qu'on a perdu, qu'il n'y a plus d'espoir. Nous avons perdu la bataille, notre roi est prisonnier et ce n'est certainement pas Charles* qui va délivrer notre royaume. Nous somme perdu, il n'y a plus d'espoir.
Le visiteur se leva soudainement et s'exclama :
- Pourquoi dire cela ? Pourquoi dire qu'il n' y a plus d'espoir ? Pourquoi être aveuglé et ne pas voir la où il reste de l'espérance?
Tous se tournèrent vers lui, intrigué. L'homme à la balafre, dont la conversation avait été interrompu par le visiteur le regarda avec un regard méprisant et lui répondit, condescendant :
- Parce que c'est la réalité. Nous somme vaincus, nous nous faisons écrasé par les anglais, bientôt nous ne seront tous plus que des serfs à la solde de ces monstres qui tuent nos enfants, qui violent nos femmes, qui pillent nos terres, qui saccagent nos églises. Et qui êtes vous pour oser perturber la quiétude de notre village?
- Peut importe qui je suis, répondit-il, le regard noir, l'important est ce que je peux vous apporter.
- Ah oui, et que pouvez-vous nous apporter je vous prie ? Je serais curieux de le savoir.
- L'espoir, répliqua t-il, et son regard troubla toutes l'assistance, car il paraissait sincère.
L'homme se mit à rire.
- Ah oui, vous êtes celui que nous attendons tous, celui qui va nous sauver. Notre royaume est à feu et à sang, notre armée se fait écrasé, mais tout va bien, car vous êtes là. Nous ne vous connaissons même pas et vous venez nous apporter quelque chose qui n'existe plus dans ce royaume. La seule chose que vous pourrez apporter est la déception. Ce village a assez souffert comme ça, alors aller vous en.
Le visiteur ignora l'homme et se tourna vers l'assistance.
- Même au plus profond de la nuit, il reste de l'espoir. Il est vrai que notre royaume sombre dans le chaos, que notre monde est de plus en plus obscur chaque jour, mais cela n'a pas toujours été ainsi, il fut un temps où tout n'était que joie et bonheur, où l'on se levait le matin sans peur ni crainte, où l'on aidait son prochain et où l'on accepter la différence de l'autre, où l'on ne se préoccupait pas de ce que l'on allait manger le lendemain.
- Et qu'est devenu ce monde ? demanda un jeune adolescent au cheveux blond et au regard angélique.
Le visiteur baissa les yeux.
- Il a disparu, détruit par le mal qui règne dans le c½ur des hommes.
- Comme c'est étonnant, s'exclama l'homme. C'est fou l'espoir que vous nous apporter.
- Mais ce monde n'a pas totalement disparu. Une partie de qu'il contenait, l'espoir, la bravoure, l'amitié a été préservé grâce à des personnes qui ont quitté les ruines de notre monde pour en retrouver un autre, lui aussi en ruine, lui aussi sombrant dans le chaos. Mais grâce à ce qu'il restait du pouvoir bénéfique de notre monde, ils ont rebâti un lieu d'espoir. Cela ne s'est pas fait sans heurt, ils se sont battus avec toutes l'acharnement dont-ils pouvaient faire preuve, et nombreux d'entre eux sont tombés au combat, pour la liberté, pour ne pas vivre dans un monde sans espoir ni avenir, où il n'y aurait plus que des esclaves. Ils se sont battus contre des forces qui les dépassaient en puissance. Mais jamais ils n'ont perdu l'espoir. Au c½ur de la bataille, lorsque le mal absolu déferla sur eux, ils ne flanchèrent pas et continuèrent leur combat. S'ils ont réussi, alors nous pouvons le faire.
- Pff, grotesque.
- Pouvez-vous nous en dire plus sur ce monde ? demanda le jeune adolescent.
- Mais enfin ce sont des inepties, brailla l'homme à la balafre.
- Tais-toi Gudric, dit un vieil homme assis au fond de la taverne. Si cet homme a de l'espoir a nous donné, qu'il nous la donne, même si cela ne changera rien a notre situation. Au moins cela nous redonnera du courage. Je vous en prie mon ami, contez-nous votre histoire.
- Oh c'est bien plus qu'une histoire, c'est un pan de notre passé, ce sont les chroniques
d'évènements qui se sont déroulés dans un monde si loin et si proche. C'est une histoire triste, parfois drôle. Elle est constituée d'hommes dont la bravoure n'a plus d'égal sur cette terre, elle est emprunt d'honneur, de bravoure, d'amitié. Elle a été conté par nos ancêtres à leurs enfants pour que le fil inextinguible du temps ne puissent en effacer la trace, mais l'Histoire est devenu un mythe, le mythe une légende, et la légende s'est perdu dans la nuit sans fin du temps. Mais si vous avez le c½ur à l'entendre, alors je vous la conterais, et pendant quelque temps, ce monde revivra en vous.
L'homme à la balafre ne put s'empêcher de rire :
- Comme c'est émouvant. Allez-y, raconter nous là, qu'on se marre bien.
Mais quand il vit que personne ne riait et que tout le monde écoutait, il se tut.
Le visiteur prit une gorgé de vin chaud et il s'assit. Il regarda longuement la neige qui s'était mise à tomber dehors. Plus un seul bruit ne se fit entendre dans la taverne, tout le monde attendait avec impatience que le mystérieux visiteur qui promettait tant de choses ne commence son histoire. Puis il regarda l'assemblée, son regard était emprunt d'une tristesse inexprimable. Il prit une profonde respiration, et c'est avec une voix emplit d'émotion qu'il commença à conter son histoire.
- Il y a bien longtemps, avant que notre monde ne sombre dans les ténèbres, existait un royaume de paix et de sérénité, l'Alganésia, un royaume où les gens étaient heureux et insouciants. Dans ce royaume vivait un homme menant une vie banale, il aimait rire et faire rire les autres, il était fidèle à ses amis. Cet homme se nommait Benjy. Et, sans s'en doutait, il allait changé le destin de tout un monde.

*Fils de Jean le Bon et régent du royaume

# Posté le jeudi 02 août 2007 12:03

Modifié le vendredi 03 août 2007 05:11

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